La légende de la main verte

Avoir la main verte ou ne pas avoir la main verte, telle est la question. Vous enviez votre voisin (en maison ou en appartement) lorsque vous jetez un coup d’œil à ses plantes ou son potager ? Vous vous dîtes qu’il est sacrément doué et que vous n’arriverez jamais à avoir ce qu’il a, que vous arriveriez à tuer un cactus alors à quoi bon ? Tout s’apprend, même avoir la main verte. Ne vous laissez pas embobiner, vous pouvez le faire !

Les racines de l’expression « avoir la main verte » n’ont pourtant rien de sorcier. « Une femme dont les mains vertes paraissaient avoir le don de faire pousser n’importe quoi n’importe où », dit un jour l’écrivain Michel Tournier (1924-2016). Cela n’a donc rien d’incommensurable. « Avoir la main », c’est maîtriser quelque chose, avoir la main verte c’est maîtriser le jardinage. D’ailleurs quand on s’y connait un peu, on sait que jardiner ne donne pas la main verte mais la main marron, pleine de terre ! Légende et mensonge. Alors comment avoir la main verte même si on a deux mains gauches ?

Respecter les saisons

Notre conseil : suivre un calendrier de jardinage et prendre en compte les cycles lunaires. C’est comme pour l’océan et ses marées, la lune influence aussi la poussée des végétaux. Saviez-vous que certaines fleurs s’ouvrent la nuit et non le jour ? Quant aux saisons, vous ne savez pas trop quand semer, planter, rempoter ? Généralement, on sème et on plante au début du printemps, après les dernières gelées hivernales. On entretient et couvre si besoin aux Saints de glace (mi-mai). Les Saints de glace peuvent détruire une récolte de fruits, en gelant tous les fruits verts. Une fois passés, on commence à récolter certains fruits rouges comme les fraises et les cerises.
On taille les arbres, arbustes et plantes à l’automne quand les feuilles sont tombées. C’est le signe que la sève est redescendue dans le pied ou le tronc et que les branches sont moins alimentées.
Si vous avez des doutes, selon les espèces, tout est indiqué sur les sachets de graines ou les étiquettes des arbres, arbustes et plantes en pots.

Choisir sa terre

La terre, c’est important. On ne plante pas n’importe quoi, n’importe où. Certains végétaux ont besoin d’un terrain très riche en minéraux et très humide. D’autres préfèrent un terrain très pauvre et sec. D’autres encore se contentent de rien (Oui oui oui ! Une tuile, une flaque d’eau, une roche poreuse…) et d’un peu de soleil.
Prenez l’olivier. Vous pouvez en voir de très beaux en Méditerranée comme en Bretagne. Pourtant ce sont 2 climats différents. Ce qui compte, c’est la terre. L’olivier n’a pas besoin d’une terre particulièrement riche mais a besoin d’un endroit où la terre ne retient pas l’humidité. Si votre terre est gorgée d’eau quand il pleut, il vous faudra aménager l’espace. Dans un trou de 70cm de large et de profondeur, versez du sable et des cailloux (ou des gravats en petits morceaux) à mi-hauteur puis mélanger du terreau et du sable. Une fois le trou rempli, posez votre olivier et enterrez ses racines dans un mélange de terre et de sable. Disposez des pierres tout autour pour retenir la terre. Après quelques arrosages réguliers pendant l’été, votre olivier sera parti et bien plus heureux que dans un pot en plastique.

Savoir ce qu’on peut faire pousser chez soi

Il y a la terre, l’ensoleillement et les températures d’hiver et d’été.
Il faut compter sur la terre bien-sûr. Il y a l’ensoleillement et la part d’ombre de votre terrain ou de votre balcon. Et puis, il y a les températures minimales et maximales que vous rencontrez tout au long de l’année.
Si vous aimez les fougères, les plus belles que vous avez vues sont en forêt, au pied des arbres, dans l’humidité et la chaleur. Qu’est ce qui vous empêcherait donc d’avoir de sublimes fougères sur votre balcon ou dans votre jardin ?
J’ai, un jour, vu un balcon surmonté de jardinières, de part et d’autre, avec des fleurs des champs, du basilic, des tomates cerises et des mini-pastèques qui poussaient dedans. Sur la grille du balcon était accrochée une canisse en bois de bruyère. D’un côté, un cerisier poussait dans son pot, la cime dirigée vers le soleil. De l’autre, des clématites se fondaient dans la bruyère ornant le tout de belles fleurs blanches. Entre les deux, dans deux jardinières, disposées l’une devant l’autre, poussaient 3 sortes de fougères qui se développaient de jour en jour. A l’ombre, mais dans la chaleur du soleil, arrosées uniquement par les trop plein d’eau des jardinières suspendues. Cette installation faisait le bonheur de mes chats.

Entretenir

L’entretien dépend de l’esthétisme que l’on attend. On peut avoir un jardin ou un balcon où chaque chose a sa place. Un jardin à la française en somme.
Et on peut avoir quelque chose d’un petit plus sauvage. Un jardin à l’anglaise diront certains.
Le premier demande beaucoup de temps et de patience. Le second laisse la place à la rêverie. Vous avez tout à fait le droit de semer des graines de fleurs dans les pots de vos arbres ou même de répandre un sachet entier de graines diverses et variées dans vos parterres ! Vous fixez les règles de vos espaces verts.

Il reste tout de même un entretien minimal. Il y a l’arrosage. Ni trop, ni trop peu. Cela dépend du TET (Terre, Ensoleillement, Température) car vous n’allez pas arroser de la même manière au printemps au temps des semis et en été au temps des récoltes. Pour des plantes intérieures ou extérieures. Il en convient donc d’être attentif. En attendant d’en savoir plus, la meilleure attention est de toucher la terre au pied de vos végétaux. Si elle est sèche, arrosez la. Si elle est humide, tout est bon. Si elle est trop sèche et qu’elle s’effrite, peut-être qu’il faudra changer de pot et de terre. Si elle est trop humide, assurez vous que l’eau s’écoule bien par le dessous du pot. Vous risqueriez de faire pourrir les racines…

Et la taille ? Pour les fleurs, coupez les fleurs fanées, les boutons vous remercieront. Pour les arbres, taillez à l’automne les branches qui n’ont pas eu de feuilles et celles qui partent en dessous des premières grosses branches. Coupez les « rejets » qui partent du sol, ils épuisent votre arbre. Pour les arbustes, vous pouvez les tailler après les floraisons, la plupart gardent leurs feuilles donc n’attendez pas qu’elles tombent. Et donnez leur les formes qui vous enchantent !
Dans le potager, laissez pousser et vivre et laisser mourir à l’hiver.

Récolter

Qui sème des graines récolte ce qui a poussé.
Pour la plupart des fruits et légumes hors sol, dès qu’ils se détachent de leurs tiges sans forcer, ils sont arrivés à maturité. Pour les légumes dans le sol (comme les pommes de terre), vous pouvez estimer qu’une fois les fleurs fanées, vous pouvez récolter.
Pour beaucoup, si vous avez des hordes volatiles qui viennent becqueter tout ce qui pousse, vous pouvez récolter avant maturité et laisser murir au soleil, sur du papier journal.
Un moyen de conserver fruits et légumes plus longtemps est de les disposer dans un saladier (ou tout autre contenant du même type) rempli de fruits à coque (toujours avec leur coque) comme des noix ou des noisettes. Les coques permettent une bonne aération et évitent ainsi que quoique ce soit ne se gâte.

Recommencer

La première année peut servir de coup d’essai mais avec une bonne dose de détermination et de confiance en soi, vous aurez peut-être bientôt, vous aussi, la main verte !

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