Jean Nouvel, l’architecte engagé

@Thomas-Drouault

Il est des destins qui traversent les âges… (Re)découvrons ensemble le parcours du célèbre et engagé architecte contemporain Jean Nouvel.

Né en 1945 à Fumel, petite commune du sud-ouest de la France, sa réputation internationale n’est plus à faire. Sa notoriété ne vient pas que de ses innovations architecturales spectaculaires mais aussi de ses prises de positions engagées.

Passé par les Beaux-Arts de Bordeaux en 1964, il entre aux Beaux-Arts de Paris en 1966 où il se voit classé 1er au concours d’admission. L’illustre Claude Parent, son mentor d’alors, le guide et l’inspire. Jean Nouvel se lance dans l’aventure entrepreneuriale et monte son agence d’architecture aux côtés de son homologue François Seigneur en 1970.

Par la suite fondateur du mouvement « Mars 1976 », il impulse et donne un nouvel élan à la lutte contre le corporatisme du secteur. 76 jeunes architectes se joignent à lui dans la tribune du Monde « Ne laissez pas faire ceux qui décident pour vous ».

@PeterBucks

Sa carrière fait un bond en avant à l’occasion de la collaboration avec Architecture-Studio pour la réalisation de l’Institut du Monde Arabe, un joyau de l’architecture de la rive gauche parisienne. Il recevra pour ce chantier, la plus haute distinction du monde de l’architecture, le prix Pritzker. L’institut du Monde Arabe, c’est un parfait équilibre entre deux cultures. Sa face sud est composée de moucharabiehs mécaniques inspirées du 17ème siècle tandis que sa face nord faite d’aluminium et de verre  représente la liaison avec le Paris des barricades qu’elle reflète.

@dancalders

Sa réputation n’est par la suite plus à parfaire. Il travaille sur de multiples projets exceptionnels et à gros budget : la Dentsu Tower de Tokyo, l’extension du Musée Reina Sofia de Madrid, la Tour Agbar de Barcelone ou encore le théâtre Guthrie de Minneapolis.

Puisque notre fantasque architecte n’en fait jamais assez, en 1999 il travaille sur le projet du Musée du Quai Branly commandé par Jacques Chirac. Juché sur pilotis, le monument joue avec les courbes et les transparences.

« Exit les structures, les fluides, les « menuiseries » de façade […] Si leur fonction par la force des choses doit demeurer, qu’ils disparaissent de notre vue et de notre conscience, qu’ils s’effacent devant les objets sacrés pour autoriser la communion. ». L’architecture de Jean Nouvel veut se fondre dans le paysage.

Un architecte engagé

L’architecte français ne cesse de s’engager pour des causes qui lui sont chères.

En 2017, il rédige une nouvelle tribune dans le Monde qui dénonce un « Ubu-urbanisme » présent dans les quartiers sociaux et les zones dites « sensibles » entrainant des conséquences dramatiques sur ses habitants.

En 2020, c’est à travers la tribune « Pour une renaissance culturelle de l’économie » et accompagné d’architectes, de prix nobel de l’économie, et de dirigeants d’organisations internationales qu’Il appellera à soutenir l’économie « mauve », une économie qui participerai au développement durable en valorisant le potentiel culturel des biens.  

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